Au début de janvier 1898, le commandant avait rassemblé tous ses officiers au fort Desaix.
La réunion avait pour but de débattre les mesures à prendre encore, pour organiser définitivement la conquête du Bahr-el Ghazal.
Dès ce moment, les explorateurs étaient certains que leur route du Congo au Soueh, jalonnée de postes, ne pouvait être coupée.
Les approvisionnements les suivraient avec une facilité relative, puisque le chemin était reconnu et les routes en forêts percées. Le ravitaillement s'opérerait donc normalement.
Tous les efforts devaient donc tendre à compléter l'organisation politique de la nouvelle colonie nilotique.
Or, un matin que tous déjeunaient, sous la présidence du chef de la mission, un sergent pénétra dans la salle du repas.
Il s'excusa de troubler les officiers.
Et, sur une question du commandant, il répondit:
—Il est venu des mercantis dans nos paillottes. Ils offraient des légumes, du gibier.
—J'ai autorisé cela.