Mais quelles que copieuses que fussent ses libations, il ne perdit pas de vue le but de son voyage. Pas un mot, pas un geste, n'indiqua à ses amphitryons qu'il avait une arrière-pensée.
En sortant de table, tout le monde était d'humeur joyeuse.
Les Anglais pensaient avoir capté la confiance du tirailleur, et celui-ci était bien certain de les avoir amenés où il le désirait.
On descendit vers le Congo en échangeant des propos affectueux.
Le canot de l'agent libre était amarré à quai.
Le dais rayé de bleu et de blanc fut déroulé, afin de protéger le joli minois de miss Jane contre les caresses brutales du soleil, et la traversée commença.
Curieusement, les Anglais considéraient la petite agglomération de Brazzaville avec ses quatre ou cinq maisons européennes, un peu à l'écart des cases indigènes.
Ils regardaient, en touristes, la construction de ces cases dont le support central est un arbre ébauché, autour duquel se dressent les murs et le toit conique. Bien simples ces habitations. Une seule ouverture, la porte. Deux chambres séparées par une cloison de nattes: la première commune, où l'on reçoit l'étranger, la seconde réservée à la famille, sanctuaire du sommeil, des fétiches domestiques et des coffres contenant la fortune de la maison.
L'embarcation atteignit ainsi la rive française et vint prendre place au milieu des nombreuses pirogues des pourvoyeurs rangées en ligne, la proue sur le sable.
Personne ne sembla faire attention aux nouveaux venus.