Mais toute résistance est inutile. Il lui faut se soumettre.
La petite comédie bouffe, organisée par le commandant, était arrivée à sa dernière scène.
A dater de ce jour, le campement français compta deux hôtes de plus.
Les attentions les plus délicates entourèrent les prisonniers.
Et comme un bienfait n'est jamais perdu, la mission trouva désormais les porteurs, les ouvriers dont elle avait besoin.
Tous les obstacles disparurent.
Malgré les pluies diluviennes, les effroyables orages journaliers, la température étouffante (moyenne 37° centigrades à l'ombre) qui, pendant la saison des pluies (octobre à mai), causent à l'Européen une transpiration constante, un ralentissement de la circulation sanguine, un invincible alourdissement du cerveau; malgré tout, les bateaux se montèrent, et, le 13 janvier 1897, le capitaine Mangin quitta Brazzaville avec trois vapeurs qui emportaient ses tirailleurs, des porteurs et onze mille charges.
Le 24 du même mois, le steamer La Ville-de-Bruges suivait avec onze cents charges et toutes les embarcations.
Enfin le 1er mars, le commandant partait à son tour.
Il avait pris passage sur un bateau à marche rapide, et il put ainsi rejoindre ceux qu'il avait envoyés en avant, un peu au-dessus du confluent de l'Oubanghi et du Congo.