Ils abattaient les buissons, les arbres même qui eussent pu arrêter la marche des porteurs.
Bref, après huit journées d'attente, ils rejoignirent leurs compagnons campés autour de Bangui et annoncèrent que le passage était libre.
Le commandant décida que l'on se mettrait en route dès le lendemain.
Il veilla lui-même à ce que tout fût prêt et, le soir, il s'assura que les tirailleurs et les porteurs s'endormaient de bonne heure.
Les noirs sont, en effet, de grands enfants; il faut les surveiller sans cesse, sous peine de les voir se livrer aux danses et aux libations exagérées, la veille d'une marche fatigante.
On devine le résultat d'une pareille préparation.
Les hommes sont sans vigueur à l'heure précise où ils en auraient le plus grand besoin.
La nuit s'écoula sans incident.
Au jour, le clairon réveilla les dormeurs.
Ce fut aussitôt, dans le campement, une agitation de fourmilière.