Obstacle qui ne surprit pas le commandant Marchand, car il était connu, prévu et étudié depuis longtemps.

Il savait qu'à Bangui, il faudrait transporter les embarcations par terre jusqu'au delà des rapides.

C'était une perte de temps considérable, il est vrai, car les vapeurs et chalands devaient être démontés, tirés à terre, et plus tard remontés; mais, en somme, ce travail s'exécuterait dans de bonnes conditions et à proximité d'un centre populeux, qui fournirait, en hommes et en matériaux, tout ce qui serait nécessaire pour le transport de la flottille.

Enfin on était dans la saison sèche, presque aussi chaude que celle de l'hivernage, mais qui paraît beaucoup plus fraîche, parce que l'humidité a disparu et que par suite la tension électrique est moindre.

Il est à remarquer, en effet, que les Européens supportent parfaitement la chaleur sèche.

L'anémie et la fièvre ne les atteignent réellement que durant la saison humide et orageuse appelée hivernage.

Tout se passa d'abord comme l'avait prévu le commandant.

Tandis que le gros de l'expédition procédait au démontage des embarcations, une section reconnaissait la route de terre.

La route.... un sentier à peine indiqué, côtoyant la rivière à travers la forêt tropicale, inextricable, que désormais les explorateurs devaient rencontrer partout jusqu'aux environs de Tambourah.

Ces éclaireurs se firent pionniers.