L'Oubanghi, principal affluent de la rive droite du Congo, indique, sur une distance d'environ 1.000 kilomètres, la ligne séparative des possessions françaises et belges.

Sa direction générale, en le prenant à partir de son confluent, est d'abord franchement du Sud au Nord, jusqu'à la station de Bangui. En ce point, la rivière s'infléchit brusquement à l'Est.

Jusque-là, la mission ne rencontra pas de difficultés.

La rivière était large, les eaux hautes et la flottille filait rapidement.

Elle franchit ainsi les postes ou les villages de Youmbé, Libembé, Gobé et Béki.

On remarquera que la consonnance se retrouve dans tous ces noms.

Et l'on ne s'en étonnera pas en apprenant que cette syllabe signifie dans la langue du pays: agglomération ou endroit habité. Bangui, qui semble faire exception à la règle, n'est qu'une contraction des deux mots Bé Angui.

A Bangui, une halte s'imposait.

En amont de cette localité, en effet, commencent les rapides de la rivière.

C'est une série de passages resserrés, entrecoupés de chutes, qui dressent un obstacle insurmontable entre les biefs inférieur et supérieur du cours d'eau.