Pendant quelques jours, la navigation fut aisée.

On franchit assez rapidement les premiers barrages.

Les rives du fleuve, formées de terrain solide, permettaient de hisser à terre les chalands, vapeurs et pirogues.

Sur le sol résistant, dans une éclaircie de quelques centaines de mètres de longueur, gagnée à la hache dans le taillis bordant les berges, les équipes de porteurs, s'attelant aux embarcations de la flottille, les faisaient glisser sur cette sorte d'écluse à sec.

Il était inutile de démonter les chalands.

Les charges restaient arrimées, et le trajet s'accomplissait sans perte de temps appréciable.

Mais bientôt les difficultés hérissèrent le chemin.

Les barrages se rapprochèrent, le sol devint spongieux.

Les berges vaseuses, presque fluentes, dans lesquelles les travailleurs enfonçaient jusqu'aux genoux, nécessitèrent la construction de véritables travaux d'art.

Il fallait, à l'aide de la dynamite, abattre de gros arbres; les amener au bord de l'eau, les utiliser comme des cales sur lesquelles on tirait, à force de bras, les chalands préalablement déchargés. C'était un travail effroyable.