Il fallait donc renoncer à la voie de terre.

Le commandant fractionna sa troupe en trois parties inégales.

L'une, de beaucoup la plus faible, fut placée sous les ordres du capitaine Baratier.

Celui-ci, avec ses hommes et trois pirogues, devait franchir les passages difficiles aussi rapidement que possible.

Il atteindrait les eaux libres, signalées au delà des chutes, et entreprendrait de jalonner le M'Bomou supérieur.

Il devait continuer sa route aussi longtemps que le cours d'eau serait navigable.

Alors seulement, il se rejetterait dans l'un des affluents de la rive droite et s'avancerait le plus loin qu'il le pourrait dans la direction du Bahr el-Ghazal.

Une seconde fraction, dirigée par Marchand lui-même et le capitaine Mangin, suivrait en pirogue jusqu'au point précis (Baguessé) où les rapides prenaient fin.

Enfin le troisième groupe, commandé par le capitaine Germain, le lieutenant de vaisseau Morin et le lieutenant Gouly, (ces deux derniers ne devaient jamais revoir leur patrie), fut chargé de faire franchir les barrages à la flottille.

C'est cette dernière troupe que nous allons suivre.