Il faisait rayonner autour d'Abira de fréquentes excursions qu'il guidait souvent lui-même.

Vingt jours s'écoulèrent.

Les officiers revinrent les uns après les autres, ayant relevé, en ce court espace de temps, la topographie complète du bief inférieur de la rivière M'Bomou.

Leurs constatations n'étaient pas encourageantes.

Ils avaient compté sur le cours du Bas-M'Bomou trente barrages.

Le cours capricieux de la rivière était coupé par trente cascades.

Trente échelons à gravir par toute la flottille, pour arriver enfin à un bief navigable et tranquille s'étendant à perte de vue.

Du reste, il n'y avait pas à hésiter; le M'Bomou était la seule route qu'il fût possible de suivre.

Sur les deux rives, en effet, jaillissait du terrain détrempé l'infranchissable barrière de la forêt, profonde, impénétrable, penchant, sur les eaux du fleuve, ses inextricables broussailles.

La marche à travers le fourré eût été absolument impossible.