—Que je serais heureux s’il battait pour moi!... Il faut absolument que vous répondiez à mon amour.
—Je n’en vois pas la nécessité.
—Allons, pas tant de sévérité, petite méchante.
—Votre maître vous attend, j’en suis sûre.
—Je ne vous quitterai pas sans vous avoir embrassée.
—J’espère bien que si.
—Il me faut un baiser, et je l’aurai.
—Finissez, cela me déplaît.
M. Champagne n’écoute point Lucile, et, malgré sa défense, va la prendre dans ses bras, lorsque, écartant vivement le feuillage qui me sépare d’eux, je cours dans le bosquet, et, me jetant sur M. l’intendant, je le repousse si brusquement que, surpris par cette attaque imprévue, il fait malgré lui quelques pas en arrière, et va rouler sur le gazon.
Lucile rit aux éclats; je reste devant elle, encore rouge de colère, et M. Champagne se relève d’assez mauvaise humeur.