On est arrivé sur le carré de verdure, et Champagne revient et présente à son maître un bâton avec lequel, d’un rez-de-chaussée, on mettrait le feu à un troisième étage. M. le comte paraît plus satisfait, et il s’avance vers l’artifice. Mais, en voyant la grosseur des fusées et des soleils, il fait encore la grimace et paraît indécis.

—Est-ce que tout cela partira ensemble, Champagne?

—Non, monseigneur, la première fusée donnera seulement le signal, ensuite vous vous éloignerez, et je mettrai le feu au bouquet que je disposerai beaucoup plus loin.

—Ah! à la bonne heure! Donne-moi la plus petite fusée à tirer... Le premier coup pourrait effrayer ces paysans...

—Voilà celle où vous devez mettre le feu...

—Fort bien... Ah çà, es-tu sûr qu’elle ne partira pas?

—Comment! mais, au contraire, elle partira parfaitement j’espère.

—Je veux dire qu’il ne faut pas qu’elle parte de mon côté... Je n’ai pas envie de perdre ici mon autre œil.

—Soyez tranquille, monsieur le comte, je réponds de tout.

On attend avec impatience que M. le comte se décide, les villageois sont rassemblés sur le carré de verdure; madame la comtesse est entre sa fille et Lucile; je suis un peu plus loin, je les regarde; mais je ne veux plus m’approcher d’Adolphine tant que M. le comte sera là.