Pierre fouille dans son gousset et met une pièce de cent sous dans la main que Rossignol lui tend par derrière le dos.—Va toujours, lui dit Rossignol. Pierre en met une seconde.

—Va encore, dit à demi-voix le beau modèle, et Pierre en met une troisième en se disant:

—Quinze francs pour un déjeuner!... ça ne peut pas être là une cinquième économie.

Rossignol met deux pièces de cinq francs dans la main de madame Roch, glisse la troisième sous son carrick, et puis dit à l’oreille de la portière:

—Arrangez cela pour le mieux, et gardez la monnaie pour vous.

En même temps il lui pince le genou, fait semblant de vouloir l’embrasser, et la pousse vers l’escalier. Madame Roch, tout étourdie de ces manières, mais très sensible à l’argent, arrange son fichu que Rossignol vient de chiffonner, et descend commander le déjeuner.

—Tu le vois, dit Rossignol, on m’obéit... Ah! mon ami, avec de l’argent on fait courir des tortues!...

—C’est vrai, mais quinze francs pour un déjeuner!...

—Comment, tu habites un appartement superbe, et tu regardes à de pareilles misères!... Écoute, Pierre, veux-tu t’amuser, ou ne le veux-tu pas?

—Oh! certainement, je le veux.