Tout en parlant, Rossignol vient de jeter les yeux sur le carrick, et le souvenir de François se présente à son esprit. Il jette un cri, se frappe à la fois le ventre, la tête et les cuisses, lâche quelques-uns de ses jurons favoris et se jette dans un fauteuil en s’écriant:—Je suis un grand animal!...

Pierre va demander à son ami la cause de ce mouvement de colère, lorsqu’il lui voit faire une grimace effroyable. Ces messieurs, dans leur ivresse de la veille, avaient jeté les plats au hasard; il en était resté un sur le fauteuil dans lequel Rossignol s’était jeté, et la modeste faïence venait de craquer sous le pantalon collant de l’artiste, qui se lève en pestant et en criant qu’il est blessé.

—Tu es blessé? dit Pierre alarmé.

—Oui, sans doute, j’ai les clunes attaquées.

—Qu’est-ce que c’est que ça, les clunes?

—Est-ce que tu ne vois pas que ce plat s’est cassé sous moi?... Mais je me ferai faire un cataplasme... Le pis de l’aventure, c’est que j’ai abîmé mon pantalon... Ah! mon Dieu! et par-devant... des taches partout... C’est toi, hier, en jetant les assiettes, qui m’auras attrapé...

—Comment... moi!...

—Certainement... et mon habit... Un habit et un pantalon que je n’avais mis que deux fois..

—Laisse donc, il est tout déchiré, le pantalon...

—C’est en dormant que je me serai accroché à quelque meuble; mon ami, je ne peux pas sortir ainsi; de quoi aurais-je l’air, moi qui étais hier si bien mis que toutes les femmes se retournaient pour me lorgner? Pierre, tu dois avoir une belle garde-robe?