—Sacrebleu! que je suis bel homme!... quel dommage qu’il ait fallu attendre à quarante-cinq ans pour être aussi propre!... c’est égal, nous réparerons le temps perdu.

Dans son ivresse, Rossignol ouvre les fenêtres qui donnent sur la rue et jette à la volée toute son ancienne défroque en chantant:

C’est ici le séjour des grâces...
Je n’ai plus besoin de mes vieux habits!...

Allez, pantalon, frac, bas, et cætera. Vous avez fait votre temps, devenez la proie du chiffonnier ou du Savoyard... Un instant; ne disons pas de mal des Savoyards! je les prise trop pour cela.

Rossignol revient trouver Pierre, qui est encore assis devant les débris du déjeuner de la veille, et se place devant lui dans l’attitude du Laocoon en lui disant:

—Comment me trouves-tu!

—Tiens! ce sont toutes les affaires de mon frère.

—Il n’est pas question de cela. Je te demande comment tu me trouves?

—Tu es très-propre...

—Tu ne remarques que cela, toi!... une femme verrait autre chose. N’importe, fais aussi un peu de toilette, car tu as du fricandeau sur ton collet et de la matelote dans ta cravate. Pendant ce temps je vais sortir pour une affaire indispensable. Je ne serai pas longtemps; à mon retour, nous irons déjeuner au Cadran-Bleu où chez Desnoyers. A propos, c’est toi qui as la caisse, n’est-ce pas!