CHAPITRE XXX
SIX MOIS ET HUIT JOURS.

Près de six mois se sont écoulés, lorsqu’un matin Manette paraît frappée d’un trait de lumière, et court à Bernard en s’écriant:

—Mon père!... mon père!... je sais où il est... je suis certaine de le trouver... Ah! mon Dieu! comment cette idée-là ne m’est-elle pas venue plus tôt!

—Tu sais où il est, dis-tu?

—Oh! oui, mon père... Je suis sûre que je ne me trompe pas... Laissez-moi partir... je vous en prie, je ramènerai André dans vos bras...

—Mais dis-moi d’abord où il est, puisque tu le sais...

—Près de la maison de campagne de madame la comtesse... dans cette terre où il m’a dit souvent avoir passé des jours si heureux auprès de celle que... qu’il voyait là tout à son aise...

—Comment! tu crois que c’est là qu’il est allé se cacher?...

—Oui, mon père... mon cœur devine le sien; et quand il s’agit d’André, mon cœur ne me trompe jamais... Ah! vous me permettrez de partir...

—C’est, je crois, dans les environs de Fontainebleau?...