»—J'ai eu un enfant qui m'a aussi donné bien du tourment,» dit madame Ledoux, «c'était une de mes filles... non, c'était un de mes garçons... je ne sais plus lequel.... c'était toujours d'un de mes trois maris... Je ne sais pas trop quelle sottise il avait commise, mais ce qu'il y a de certain, c'est que... je ne sais plus ce que nous en avons fait.

»—C'est dommage,» dit Mistigris, «ça nous aurait mis sur la voie pour le petit cousin.

»—Mais,» dit mademoiselle Aglaé en minaudant, «si on... hi hi hi... si on le... ah! ah! ah!... si vous oh oh oh!... ça serait bien plaisant... de le marier...

»—Le marier!» dit madame Durand, «y pensez-vous? à seize ans!

»—Ma foi,» dit Bellequeue, «s'il en avait seulement dix-huit, je ne serais pas éloigné de vous le conseiller.

»—Mon fils est encore un enfant,» dit l'herboriste avec gravité, «il est incapable de comprendre les conséquences de l'hymen... il ne sait pas faire une tisane!... comment voudriez-vous qu'il tint un ménage?

»—Et d'ailleurs,» dit madame Durand, «quelle femme voudrait d'un mari si jeune?

»—Ah! on ne sait pas,» répond mademoiselle Aglaé en se dandinant. «Quelquefois... hi hi hi... on trouverait peut-être...

»—Le mariage est inadmissible,» dit l'herboriste, «mais je le répète, mon fils Jean doit faire autre chose que jouer au bouchon, ou aux quilles, ou à la balle avec les mauvais sujets du quartier; passe quand il n'avait que huit ans!... mais à seize on n'est plus un enfant, et les choses ne peuvent pas rester in statu quo.

»—Eh! bien! monsieur,» dit madame Durand avec impatience, «trouvez donc vous-même quelque occupation agréable pour ce cher enfant que vous traitez comme un nègre!... et que vous n'avez jamais aimé parce qu'il n'a point de goût pour la botanique!... Croyez-vous, monsieur, que je veuille l'envoyer aux Iles, aux Grandes-Indes, l'exiler du toit maternel... parce que, doué d'une imagination vive, d'un esprit pétulant, il n'a pas pu se tenir assis dans un comptoir? Répondez, monsieur, répondez donc et ne restez pas vous-même in sta cocu