Par M. Albert Jahandier.
Dans le numéro d’avril 1911 de l’Amateur, un article relatif à la photographie des champignons recommande, lorsqu’ils sont très colorés, surtout en rouge, de les décolorer à l’eau de javelle, afin d’en obtenir une épreuve claire, propre à être ensuite coloriée à l’aquarelle.
Cette manière d’opérer, très simple en elle-même, peut servir dans beaucoup de cas. Elle présente cependant des difficultés pour certains champignons délicats, c’est pourquoi il nous paraît utile de faire connaître aux amateurs un procédé qui, sans modifier l’original, permette d’en obtenir une photographie aussi claire que si le modèle était décoloré; ce procédé n’est autre que celui employé pour la photographie des couleurs par sélection, il consiste à se servir de plaques orthochromatiques avec interposition d’un écran coloré approprié.
Renseignements pratiques pour l’exécution des clichés et des épreuves positives.—Afin que le lecteur puisse avoir sous les yeux le modèle qui servira aux expériences, nous avons choisi l’Oronge vraie (Ire planche en couleurs du premier volume du nouvel Atlas), un des champignons les plus difficiles à reproduire à cause de ses couleurs peu photogéniques.
Si nous voulons en faire une photographie avec des plaques ordinaires, nous obtenons le résultat de la [figure 2], chapeau noir et pied gris foncé, image impossible à colorier.
Prenons maintenant une plaque orthochromatique sensible au jaune et au rouge, plaçons à l’avant ou de préférence à l’arrière de notre objectif, un écran jaune foncé (de ceux que l’on emploie couramment dans la photographie des paysages à grands contrastes), donnons une pose en rapport avec l’intensité de notre écran, nous obtiendrons le résultat de la [figure 3], le pied est devenu blanc, le chapeau légèrement teinté; une telle épreuve serait suffisante pour être coloriée à l’aquarelle.
Si nous voulons obtenir le chapeau plus blanc, il nous suffira d’employer un écran orangé, nous augmenterons la pose, et nous obtiendrons le résultat de la [figure 4], dans laquelle rien ne s’oppose plus à une coloration aussi brillante qu’on peut la désirer.
Comme suite à cet exposé général, nous entrerons maintenant dans le détail des opérations.
1o Choix de plaques sensibles.
Trois sortes de plaques au gélatino-bromure sensibles aux couleurs se trouvent dans le commerce: 1o les plaques orthochromatiques sensibles au jaune et au rouge; 2o celles sensibles au jaune et au vert; 3o les plaques panchromatiques, sensibles à toutes les couleurs.