L’avantage de ce papier est de donner des images dont la teinte se rapproche de celle de l’encre de chine. En ne poussant pas trop l’exposition à la lumière on obtient des épreuves un peu faibles qu’on peut ensuite colorier à l’aide des couleurs de l’aquarelle.

Il est un point qu’il ne faut pas perdre de vue, c’est que ce papier ne se conserve pas longtemps et se détériore rapidement en présence de l’humidité. Il est toujours livré dans un étui en fer-blanc fermant hermétiquement et renfermant dans une boîte spéciale du chlorure de calcium desséché. Mais même dans ces conditions, il ne se conserve pas plus d’un mois à partir du jour de sa fabrication. Aussi lorsqu’on se procure ce papier chez des intermédiaires, on s’expose à être mal servi. Tout papier de bonne qualité doit donner un fond tout à fait blanc. Pour peu que le fond soit gris terne, c’est que le papier est vieux ou avarié. Une bonne précaution consiste à en développer un petit morceau sans exposition préalable à la lumière, comme on ferait d’un positif ordinaire. Après lavage, le papier doit être entièrement blanc.

5o Reproduction sur papier.—Je dirai seulement quelques mots du procédé qui actuellement, avec le plus de simplicité, donnent des épreuves qui reviennent à des prix qui rappellent ceux des gravures ordinaires. Il repose sur la propriété que possède la gélatine bichromatée de retenir l’encre grasse lorsqu’elle a été exposée à la lumière. Si donc on a une surface recouverte d’une couche de gélatine bichromatée sèche, si on recouvre cette surface d’un cliché et si on expose à la lumière, sous les parties claires du cliché se formera un dessin capable de retenir l’encre grasse, tandis que sous les noirs la gélatine repoussera cette encre. Il suffira par conséquent d’encrer la surface impressionnée, de recouvrir cette surface d’un papier quelconque et de soumettre à une pression convenable pour avoir une épreuve.

Cette propriété de la gélatine bichromatée est connue depuis longtemps et constitue le principe d’un grand nombre de procédés dits de phototypie. Le procédé qui a le plus de vogue, est celui dans lequel la couche de gélatine est étendue sur une glace, mais depuis quelque temps on est arrivé à recouvrir de gélatine le papier parchemin. Ce papier a plusieurs avantages sur la glace, c’est, par exemple, de ne pas se casser et d’être beaucoup plus maniable. Il donne, au reste, des résultats comparables à ceux que fournit la glace.»

A la suite de cet article très détaillé et très clair, nous ferons remarquer qu’au paragraphe 3, l’auteur dit que les objets rouges et jaunes n’agissent sur les plaques sensibles que par la faible lumière blanche qu’ils réfléchissent, et qu’alors les parties rouges et jaunes viendront en noir, c’est-à-dire qu’elles ne pourront être coloriées.

Pour remédier à cet inconvénient, M. Rolland a proposé de les décolorer au moyen de l’eau de javelle.

Pour décolorer par exemple le chapeau d’une fausse oronge, on immerge dans l’eau de javelle seulement la partie rouge; au bout de quelques minutes le chapeau devient blanc ou légèrement rosé. On laisse sécher et procède à la pose.

Nous donnons, [figure 1], une planche montrant ce qu’on peut obtenir par la photographie.

Le Champignon représenté ici est un beau Polypore que nous croyons devoir rapporter au Polyporus varius que Quélet assimile au Polyporus picipes. Nous l’avons recueilli sur une souche, au milieu des souches et des brindilles tombées.

Exécution de photographies pouvant être coloriées à l’aquarelle.