Nous emploierons, comme fond, une feuille de papier blanc placée à une certaine distance en arrière, afin d’éviter les ombres portées. Avec un écran blanc ou un miroir, nous refléterons le plus possible les ombres du modèle et nous serons prêts pour la pose.
Nous la calculerons d’après le diaphragme que nous aurons choisi par examen sur la glace dépolie, le plus petit possible pour la bonne netteté de l’image, mais en nous arrêtant avant qu’elle ne devienne trop obscure et ne puisse plus impressionner suffisamment notre plaque sensible; nous serons donc obligés d’employer un diaphragme d’autant plus grand que notre écran sera plus foncé et plus rouge.
Dans un atelier bien éclairé, par temps de soleil, en juillet, le cliché de la figure 3 a été obtenu comme suit: écran orangé, plaque sensibilisée au Pinaverdol, utilisée humide, avec diaphragme F. 28, la pose a été de 5 minutes et le cliché légèrement renforcé. (Notre modèle étant une planche en couleurs, c’est-à-dire sans profondeur, nous aurions pu conserver la même netteté avec un grand diaphragme et poser beaucoup moins.) Donc, lorsque notre modèle aura peu de profondeur, nous pourrons faire de même, la pose sera d’ailleurs d’autant plus réduite que nous emploierons un écran plus clair.
Les indications ci-dessus représentent en quelque sorte le maximum de difficulté pour l’obtention d’une photographie très claire, avec un modèle de coloration vive et des moins photogéniques. Si nous voulons reproduire, par exemple, le Bolet fauve, il ne sera pas nécessaire de l’obtenir blanc, ses couleurs n’étant pas vives, la teinte photographique d’une épreuve simplement fixée s’ajoutera utilement à la couleur que nous emploierons pour avoir le ton désiré; pour l’obtention du cliché, un écran jaune moyen sera suffisant.
Si maintenant nous voulons reproduire un champignon de couleur très différente des deux précédents, la Cortinaire bleuâtre, champignon à chapeau bleu, ici, nous emploierons les plaques ordinaires, très sensibles au bleu, nous supprimerons l’écran, et le bleu étant foncé, pour l’avoir en blanc nous surexposerons un peu. Avant de passer à l’exécution des épreuves positives, nous ajouterons qu’il n’y a rien de particulier pour le développement des plaques sensibilisées au trempé; on développera à fond afin d’avoir tout l’effet orthochromatique et une vigueur suffisante.
Épreuves positives.—Choix du papier.—Les épreuves positives que nous tirerons de ces clichés devant être coloriées à l’aquarelle, il nous faut choisir un papier sur lequel la couleur puisse s’étendre aisément sans laisser de marques à chaque coup de pinceau.
D’une façon générale, tous les papiers à couche de gélatine sont à écarter, c’est-à-dire les genres citrate et bromure, et ce sont les plus nombreux, aussi en reste-il peu à choisir; le papier au platine pourrait être employé, mais outre qu’il se conserve peu de temps frais, il exige des manipulations assez compliquées; les papiers Néos de Lumière, le papier salé, le ferro-prussiate sont d’un traitement simple et pourraient se colorier, mais nous préférons de beaucoup, à tous ces papiers, celui que l’on préparera soi-même, ce qui d’ailleurs est très facile; nous pourrons alors choisir parmi les bons papiers à aquarelle, celui qui nous conviendra le mieux et le préparer de la façon suivante:
1o Étendre à la surface du papier, avec un tampon ou un pinceau plat, une couche de colle d’amidon et laisser sécher.
2o On prépare la solution sensibilisatrice:
| Eau distillée | 90 c3 |
| Azotate d’argent | 5 gr. |
| Acide tartrique | 7 gr. |