[OUVRIER]
Voir des planches dans les arbres,
Des chemins dans les montagnes,
Au bel âge, à l'âge de force,
Tisser du fer et pétrir de la pierre,
Embellir la nature,
La nature sans sa parure,
Travailler.
[BOXEUR]
Oh! et le charme d'un poing énorme, agité,
Ballon d'assaut.
Cœur bien placé
(Le cœur bat à sa hauteur),
Sauteur
Et non de peur.
[DORMEUR]
Triste, il va mourir d'étrange façon,
Les veux tomberont dans le sac des joues,
Lèvres aspirées, nez étroit,
Espoir: il dormira.
Les mains, les pieds balancés
Sur tant de mers, tant de planchers,
Un marin mort,
Il dormira.
Fouets accrochés, poches, goussets,
La chaise est plus lourde,
Le sol plus étroit,
Mais le sommeil ne compte en promenade.
Jeune mort, mort d'avenir.
L'ombre du cœur vers le matin,
En hâte,
Au repos.
Rien n'enveloppe en son sommeil
Ce cœur plus gonflé que les vitres.
Ombre, nuit et sommeil.
Un cœur se débarrasse
De tout ce qu'il ignore.
[NOCTAMBULE]
Ciel écrasé sous l'ombre qui descend,
(Oubli-du-soleil),
Les morts sans éclat sont moins vite oubliés,
(Ciel-disparu).
Les yeux sont nécessaires.
Moins de ciel que de terre
Mais savoir ou poser ses pieds,
(Montagne-à-grimper).
(Oubli-du-soleil)
Les paupières suffisent aux yeux,
(Nuit-disparue)
Et le sommeil connaît son lit.
[LE CŒUR]
Le cœur a ce qu'elle chante,
Elle fait fondre la neige,
La nourrice des oiseaux.