«Annette, dit-il seulement en terminant, a été fort malade au commencement du mois dernier. Nous avons été mécontents du médecin qui l'a soignée, et peut-être l'avons-nous trop vite privée de ses conseils. Physiquement, le théâtre la fatigue; au moral, elle est comme le diamant, dont rien ne peut ternir le pur éclat. Nous sommes des étrangers, mon jeune ami, j'ai dû vous faire connaître notre vie, notre origine, nos croyances. Annette n'a pas de dot pour le présent, dans l'avenir elle n'attend rien. Vous n'avez point à me répondre. La nuit porte conseil; vous viendrez me voir demain.»
Il se leva. On entendait la tempête d'applaudissements qui annonçait la sortie d'Annette.
«La première fois, murmura-t-il, ce bruit m'a fait battre le cœur. Maintenant il m'attriste.
—Ce bruit m'a toujours attristé,» répliquai-je.
Il mit la main sur mon épaule, et me dit:
«Vous avez le cœur haut. Cherchez bien en vous-même: s'il se pouvait que vous eussiez un regret....
—Vous l'avez dit, l'interrompis-je; rien n'altère le diamant.
Son noble front s'éclaira si visiblement, que ce fut comme une lueur qui l'eût frappé à l'improviste.
«J'ai confiance! prononça-t-il avec force.
—Ce Laroche est revenu! s'écria Annette en foulant aux pieds un énorme bouquet de roses. Il m'a jeté ces fleurs.»