—Appelez votre père et votre frère,» répondis-je.
Ils vinrent tous deux. Je racontai ce qui s'était passé dans la matinée à l'hôtel de Kervigné, et j'avouai, la pâleur au front, que je n'avais pas encore écrit à mon père. Le vieillard et Philippe restèrent muets.
«Pourquoi ne lui répondez-vous pas?» demanda Annette d'un air presque menaçant.
Philippe et M. Lais échangèrent un regard. M. Laïs dit:
«Il y a un malheur au bout de tout ceci.
—Il peut écrire, objecta Philippe.
—S'il n'a pas écrit, c'est qu'il n'espère rien,» répliqua le vieillard.
C'était trop vrai. Je n'espérais rien.
«J'ai bientôt vingt ans! m'écriai-je; à vingt et un ans, on est majeur.
—Oui, m'appuyèrent ensemble Annette et Philippe, on est majeur à vingt et un ans.»