«René nous a dit, répliqua cependant M. Laïs, qu'il avait un bon père et une bonne mère....

—C'est vrai, jusque-là, l'interrompit Gérard.

—Et que l'un et l'autre consentiraient tôt ou tard à faire son bonheur.»

Gérard secoua la tête.

«Quoi! m'écriai-je, si notre père était assis à la place où tu es, tu crois qu'il n'éprouverait pas les mêmes sentiments que toi?

—Pas de questions indiscrètes, conscrit! me dit-il d'un ton qui me déplut absolument. Nous n'avons pas l'âge requis pour juger les papas ni les officiers.

—Voyons, mon frère, repartis-je en le couvrant de mon regard, vous êtes un homme du monde, vous savez le langage du monde. Pourquoi cet argot de caserne en présence d'une jeune personne qui, en définitive, sera Mme de Kervigné comme notre mère.

—Oh! je ne me plains pas!» s'écria Annette qui essaya de sourire.

Gérard pâlit visiblement.

«René, vous avez bien parlé, me dit-il après un court silence. On s'exprime mal, quand on a quelque chose à cacher. Je ne peux pas dire ici toute ma pensée.»