Quand parut le gâteau qui criait: Vive madame la marquise! on trinqua d'un bout à l'autre de la table, puis ma mère tendit à Julie un gros paquet qu'elle avait sur ses genoux. C'était un très beau cadeau d'argenterie. Julie se leva, rouge de plaisir, tandis que le marquis baisait fort humblement la main de ma mère en disant:

«Chère maman, voilà de vos traits!

—Ah? murmura Bel-Œil, qui mit sur l'assiette de mon beau-frère un petit écrin contenant dix doubles louis, vous avez le cri du cœur, mon neveu. Donner est le plaisir des âmes sensibles. Acceptez cette bagatelle, et choisissez vous-même un objet pour notre belle Julie.»

Mon beau-frère balbutia:

«Je ne sais si je dois....

—Oh! certes, vous devez! gronda la tante Renotte dans mon oreille. A Dieu et à ses saints! et ce n'est pas faute qu'on vous en fourre du matin au soir.

—Ça te passe sous le nez!» me dit cette méchante bête de Vincent.

C'était le vin qui passait sous son nez, à lui. Je ne sais pas où il mettait tout le vin qu'il absorbait.

Julie embrassa ma mère et Bel-Œil, à qui elle dit:

«Chère tante, vous faites bien de parler de colifichets, car il faut se tenir, mais vous avez deviné que nous étions gênés.... Avec deux petits enfants....