Montaroux alluma aussitôt sa chandelle romaine qui monta, étoile sinistre, vers les cieux.

Ne vous étonnez point du temps qui s'écoula entre ce signe et les cinq coups de mousquet tirés sur Mustapha. Il fallut d'abord trouver des échelles de cordes, puis envoyer des émissaires dans toutes les directions: les uns pour allumer de grands feux sur les montagnes, les autres pour sonner le tocsin aux paroisses, les autres encore pour prévenir à domicile les membres de la criminelle association.

Chacun comprenait qu'il s'agissait d'un cataclysme.

Montaroux se chargea lui-même d'aller chercher le duc de Rudelame au café de Rohan où il regardait jouer la ponte.

Ceux qui montèrent aux échelles de cordes étaient au nombre de dix. Ils portaient tous des carabines d'un nouveau système et des revolvers brevetés, le tout revêtu de la bénédiction papale. Pile- de-Pont avait en outre un sabre d'honneur.

Comme signe de ralliement, ils avaient adopté la fleur de pivoine et le cri du ramoneur savoyard.

Par une coïncidence au moins étrange, ils firent feu sur le glorieux Mustapha au moment même où les bons coeurs débouchaient par la porte de l'escalier.

Les deux partis se trouvaient ainsi en présence tout naturellement. Les bons coeurs, commandés par Silvio Pellico, doyen d'âge, les fléaux de la capitale par Coloquinte du Plat- d'Étain, qui avait été employé d'octroi.

Silvio Pellico, récemment grand chef des Ancas, dégaina le premier en criant:

— Malades du docteur Fandango!