Le second motif était plus intéressant.

Il y avait au centre de la table, une jeune fille qui ne travaillait pas. Celle-là était très belle, mais si pâle qu'elle vous eut fait pitié. Sa toilette avait une simplicité aristocratique et quelque chose en elle rappelait les ingénues de familles princières, persécutées par l'infortune au théâtre de l'Ambigu-Comique.

Nous sommes forcés de remonter, au commencement de cette soirée pour expliquer la présence d'Elvire, la jeune marquise fugitive, à la table des Piqueuses de bottines réunies.

Vers sept heures et demie, longtemps par conséquent avant la catastrophe imprévue qui devait plonger soixante-treize familles dans le deuil, la gérante de l'atelier était sortie pour acheter du thé, du sucre et du rhum; l'habitude étant de s'accorder cette douceur quand la veillée se prolongeait jusqu'à minuit et au delà.

En allant chez l'épicier, la gérante n'avait rien vu d'extraordinaire, sinon une jeune fille donnant le bras à un vieillard de cent et quelques années qui avait une figure de hibou.

Quant elle revint la jeune fille et le vieillard avaient disparu.

Mais comme elle traversait l'allée sombre de la Maison du Repris de justice, elle entendit dans la nuit des gémissements inarticulés.

Avec son thé, son sucre, son rhum, elle rapportait une boite de ces allumettes bougies dont il serait superflu de faire l'éloge, tant elles ont déjà rendu de services à l'humanité.

Elle eut l'idée candide d'en allumer une et vit alors un spectacle attachant.

La jeune fille et le vieillard de cent et quelques années étaient sous ses yeux.