— Sambre goy! s'écria mon bisaïeul, vous m'impatientez, à la fin. Rira bien qui rira le dernier. Je ne suis pas manchot, mais comme la justice anglaise est confuse et fort imparfaite, je propose la paix… En veut-on ici?

Le cerf brama d'une façon ironique.

— On veut donc la guerre? demanda M. le duc.

Cette fois, le docteur Fandango lui-même remua la tête d'une façon affirmative, comme font les biscuits chinois sur les cheminées.

C'en était trop.

Depuis quatre minutes au moins mon bisaïeul méditait un nouveau forfait. Il avait dans sa poche un crick de Malaisie, empoisonné avec un art extraordinaire et dont la lame, bizautée[7] selon certaines règles mathématiques, faisait des blessures mortelles qui ne laissaient aucune trace.

Sans faire semblant de rien, il introduisit sa main sous le revers de sa redingote, il y prit le crick, et crac, au moment où le docteur Fandango le croyait occupé à préparer sa sortie, il lui plongea l'arme malaise dans le sein gauche jusqu'au manche.

Le cerf bondit pour protéger son patron, mais…

Le coup était donné et d'aplomb!…

Un cri d'horreur interrompit ici la jeune accouchée. Ce cri appartenait à toutes les piqueuses de bottines. Il était arraché par la pensée d'un crick malais empoisonné avec soin et perçant la poitrine du docteur Fandango!