Les autres prononcèrent des paroles scientifiques et l'un d'eux fit remarquer que mes attraits avaient résisté au pain de munition et au reste.

— Ah! m'écriai-je, ces appas sont mon malheur. Au nom du ciel, donnez-moi des nouvelles de mon époux.

Mon bisaïeul me jeta un regard perçant.

— Qu'on achète une quantité suffisante d'alcool! commanda-t-il, et qu'on prépare un bocal, afin d'y mettre, aussitôt après sa naissance, le petit-fils de la Condamnée.

Il sortit par la brèche qui avait été pratiquée pour son entrée.

D'après un ordre émané de lui, je fus placée sur un brancard et portée au plus haut étage de la maison, afin d'avoir de l'air pendant mes couches.

Vous l'avez deviné.

Quand l'obscurité eut remplacé la lumière du soleil, j'allumai sept bougies que je plaçai derrière mes carreaux. La nuit m'empêcha de voir si les sept ballons voltigeaient dans l'atmosphère, mais, vers minuit, plusieurs chanteurs tyroliens s'arrêtèrent devant l'hôtel. Mon coeur battit. J'avais reconnu Coriolan parmi eux.

Avec une fronde, il lança un caillou jusqu'à ma retraite. Le caillou était enveloppé d'un papier blanc sur lequel étaient écrits ces seuls mots:

«Approchez-le d'un feu ardent.»