Est-il besoin d'expliquer que les divers évènements, racontés dans nos premiers chapitres, disparurent aux yeux de Montaroux derrière l'immense voiture de vidange de la compagnie Lesage, nouveau système diviseur et inodore?
À cet égard, le meurtre du cocher fut inutile. Nous n'aurions pas pris la peine de le mentionner, s'il ne devait plus tard servir au développement de notre drame…
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Dans un salon somptueux et nobiliaire de la rue de Grenelle-Saint- Germain, une femme d'un certain âge était demi-couchée sur un lit de repos. Un jeune homme de vingt-huit ans, remarquable par sa beauté méditative, lui tâtait le pouls.
L'une était la princesse Troïka, propriétaire des mines d'or de Tobolsk; dans l'autre vous eussiez reconnu le faux porteur d'eau des noces précitées: Coriolan des ruines de Palmyre, connu dans l'univers sous le nom de docteur Fandango.
- Docteur, demanda-t-elle d'une voix languissante, avez-vous deviné le mal dont je meurs?
- Oui princesse, répondit Fandango.
Elle le regarda d'un air d'étonnement qui n'excluait pas le doute.
— Princesse, reprit le docteur, comme répondant à ce regard, vous ne pouvez vous consoler de la perte de votre enfant.
— Ô ciel! s'écria Troïka, homme surprenant, lisez-vous donc au fond des coeurs?