—J'ai fait des pétitions, reprit-il,—j'ai dépensé du temps et de l'argent... mais on se moque des gens qui ont des idées... la routine!... Celui qui a inventé la vapeur est mort sur la paille... moi, j'ai inventé la barrière des Paillassons, nom d'un cœur!... On attendra après ma mort pour dire: «C'était pourtant un garçon qui avait du toupet!»
—Vous n'attendez personne, patron? demanda le chef par la fenêtre de la cuisine.
—J'attends toujours du monde, répliqua Barbedor sans se retourner;—est-ce que ce n'est pas une honte, Casseur, ma fille, de voir comme ça le dôme par-dessus le mur d'enceinte, à deux pas, et de dire qu'il faut passer par une de ces deux coquines pour y aller!
Le chef se nommait M. Pontoux, dit Casseur. Tous les forts-et-adroits ont un surnom. C'était bien le moins que le chef du château de la Savate fût un fort-et-adroit.
Quant aux coquines dont parlait Jean-François Vaterlot, c'étaient les barrières de l'École et de Sèvres, ses voisines,—ses ennemies!
Dire ce qu'il y avait de haine dans le cœur de Barbedor contre les barrières de Sèvres et de l'École est impossible.
Il avait rêvé une fois qu'il était empereur, et le premier acte de sa puissance avait été non-seulement de faire ouvrir la barrière des Paillassons, mais encore de faire murer les deux coquines.
Pontoux, dit Casseur, répondit:
—Quant à ça, oui, patron... En plus que, si on perçait une porte, là-bas de chaque côté de la baraque, la rue Saint-Fiacre deviendrait une des plus conséquentes de Grenelle... Faut-il éteindre et renvoyer les côtelettes?
—Pas encore, fit le patron, qui appuya sa tête contre sa main.