—Quand on parle du loup..., commença Fromenteau finement.

—Dites-donc, patron! s'interrompit-il, si l'âge d'or revient, les petits clercs iront le matin à leur étude en berline à quatre chevaux... M. Rodelet est déjà dans l'âge d'argent... Avez-vous vu sa jument? un bijou!

Clérambault sembla s'éveiller tout à coup de sa méditation.

—Voyons, reprit-il brusquement, assez de cancans!... à nos affaires... Les renseignements sur M. de Mersanz...

—Complets! répliqua Fromenteau, qui changea de ton aussitôt.

Il fouilla dans plusieurs poches, d'où il retira une prodigieuse quantité de papiers. Parmi ces papiers, il choisit une feuille volante et remit ses lunettes à cheval sur son nez.

—«Mersanz, lut-il à demi-voix et en se rapprochant de son patron, qui se penchait pour égaliser les tailles;—Mersanz (Achille-Frédéric-Félix le Pescheur, comte de), né à Aix-la-Chapelle le 3 février 1798, marié en 1819 à Catherine-Marie Labbé de Pont-Labbé, fille aînée de M. le marquis de Pont-Labbé, gentilhomme de la chambre, commandeur de Saint-Louis, grand officier de la Légion d'honneur, pair de France, etc., etc., veuf en 1822, remarié en... (ici la date manquait) à Béatrice-Rosalie-Marie Roger, fille d'un simple capitaine de l'Empire, en retrait de solde depuis la rentrée des Bourbons...»

—En voilà une chute! s'interrompit Fromenteau.—Va toujours...

—«Colonel de hussards, démissionnaire en 1830, officier de la Légion d'honneur, membre du conseil général de l'Indre...»

Clérambault lui mit la main sur l'épaule.