—Le détail de la fortune? dit-il.
—Voilà, patron, répondit Fromenteau, qui eut un complaisant sourire; quand il s'agit de mariage, c'est le principal... hé hé!... Mademoiselle Césarine est fille unique... grande héritière... hé! hé!... mais le comte Achille n'a que trente-huit ans... et la comtesse sa femme est toute jeune... hé! hé!... hé hé!... En voilà une qui est jolie!... ses petits frères et sœurs peuvent venir...
—La fortune? répéta Clérambault, qui frappa du pied avec impatience.
—Voilà, patron, voilà... C'est magnifique!... cinquante-cinq mille francs de contributions foncières... en France seulement... sans compter les biens de Prusse et les valeurs mobilières.
—Cinquante-cinq mille francs! répéta Clérambault.
—Quand on songe qu'avec la cinquante-cinquième partie de cela, soupira Fromenteau, l'odontophile végétal marcherait sur des roulettes... que j'aurais une position faite... et que je serais le quatrième de Stéphanie!... Voulez-vous le détail?
—Rapidement.
—Il y a d'abord la terre de Mersanz, dans l'Allier, qui rapporte peu de chose à cause de l'entretien du château... on calcule que le château avec ses dépendances coûte soixante mille francs par an... Laissons la terre de Mersanz pour mémoire... La terre de Châtillon-le-Pape, même département; mal régie, rapporte quarante-sept mille francs quitte d'impôt... Les moulins à foulon du Chenu, même département, sont affermés trente-trois mille francs... L'usine d'Esdron, près de la Flèche (Sarthe), donne cent cinquante mille livres de rente... La minoterie de Randon...
—La somme des biens de France? dit Clérambault, qui essuya la sueur de son front.
Il avait la fièvre.