—A moi! à moi! à moi!
—Pour un sou... pour deux sous...
—Des pommes d'api!
—Du sucre d'orge!
Heureuses les premières arrivées! Il y eut bien un léger échange de pinçons, de tapotes et de croquignoles entre celles qui voulaient passer toutes à la fois, mais la sous-maîtresse ne les vit pas.—Elles souffrent tant, ces pauvres sous-maîtresses, que parfois elles deviennent méchantes.
C'est assez rare. Ordinairement, elles s'engourdissent dans leurs misères et supportent avec un égal stoïcisme les piqûres des élèves et les coups de boutoir de madame.
—Chacun son tour! chacun son tour! disait la petite bonne femme, débordée;—tout le monde en aura si on ne me tracasse pas... Un sou, mademoiselle Valérie... Vous voulez des pommes, vous, mademoiselle Anaïs? Attendez: les pommes, c'est en dernier... Deux sous, mademoiselle Célestine... Voyons! saperlotte! chacun son tour!
Un joyeux rire s'éleva, mêlé de trépignements: on aimait à la faire jurer saperlotte.
Les retenues se mirent à pleurer parce qu'elles n'avaient point leur part de cette fête, et la sous-maîtresse leur dit:
—Que cela vous apprenne à être sages!