Ce n'était pas assez de M. Léon Rodelet, le dandy peu authentique, le sportman au cachet, Césarine avait encore un autre roman. Ce joli cheval, cette cravache, ce cigare ne lui suffisaient pas. Le héros de la terrasse fleurie avait un rival.
Et cette petite Césarine avait le front de dire: «On n'a pas le choix ici!»
Si vous les écoutiez là-bas, à la pension, quand elles causent, vous auriez parfois la chair de poule. Ce mot aimer, ce terrible mot et ses dérivés, amour, amant, etc., sont employés par elles avec un laisser aller qui fait frémir. Avez-vous vu des enfants imprudents jouer avec une arme chargée? C'est tout comme.
Moins elles savent, plus elles parlent. Est-ce bien dangereux? On le dit. Je ne sais trop. Il faut bien quelque chose pour remplacer la poupée.
Dès que la poupée a perdu son crédit, on joue à l'amour.
Il n'y a pas d'interrègne.
On pourrait presque dire: Celle qui ne joue pas à l'amour a de l'amour.
Non plus de l'amour de pension, mais un amour dangereux, puisque déjà il est prudent.
Entre Césarine et Maxence, c'était la blonde Césarine qui était accusée d'aimer. Nous nous serions défiés de Maxence.
Amant! quel gros mot! L'emploie-t-on vraiment à la pension Géran?