Maxence laissa tomber sa tête charmante sur le sein de Césarine et répéta lentement:

A son insu, l'acide mord;
A son insu, la fange tache,
Et le vil poignard qui se cache,
A son insu donne la mort...

IV

—Le roman du cinquième clerc.—

«Tout ce qui reluit n'est pas or,» voilà une vraie devise de coquille, pleine d'esprit, grosse de sens et à la portée de tout le monde.

Mais ce diable de quatrain sur l'acide, la fange et le poignard, avait des allures tellement romantiques, que nous ne pouvons l'attribuer à un poëte-confiseur,—à moins de supposer qu'un de ces jeunes Titans, fils mal venus de Dante et de Shakspeare, n'eût abaissé sa verve à ce métier innocent, un jour de famine.

Que le fidèle berger se méfie! Une douzaine de devises semblables mettraient la déroute dans sa clientèle. La devise ne doit jamais sortir de ce caractère prolixe qui est son charme. Elle doit donner ses excellents avis à demi-voix et d'un air idiot, et, pour parler comme elle:

«Ici-bas, le premier talent
Est de savoir garder sa place...»

Pour Césarine, la devise contenue dans la coquille noire était du galimatias tout pur.—Mais, pour Maxence, la devise avait une portée autre et terrible. C'était comme un flambeau menaçant qui venait éclairer tout à coup son présent et son passé.

Elle n'avait pas la vie de tout le monde, cette belle jeune fille. Il y avait derrière elle et autour d'elle des mystères qu'elle avait en vain essayé de pénétrer. Son existence était une énigme dont elle-même ne possédait point le mot.