Césarine aussi était préoccupée, d'abord par sa devise: «Tout ce qui reluit n'est pas or,» ensuite par la révélation entamée de Maxence.—Qu'allait-elle dire, cette Maxence, au moment où la petite bonne femme était venue les déranger!

Et pourquoi ce regard si moqueur lancé par la petite bonne femme à la jolie terrasse de Léon Rodelet.

Cinquième clerc de notaire!—Mon Dieu! ces choses-là n'arrêtent pas les jeunes filles.

Tout le long du jour, elle songea.—Une ou deux fois, elle vit cette noble figure du lieutenant Vital.

Mais elle ne voulait pas. Vous entendez bien, c'était malgré elle qu'elle revoyait dans son rêve l'éclair que le soleil arrache aux épées nues.

Je vous demande s'il est temps encore, quand on songe ainsi tout éveillée, d'étudier la géographie chez les demoiselles Géran?

La petite bonne femme habitait, comme nous l'avons dit, cette maison neuve située à l'angle de la rue Plumet et du boulevard, où Léon Rodelet avait un appartement donnant sur la terrasse. La fenêtre du grenier de la petite bonne femme s'ouvrait juste au-dessus de la terrasse. Elle n'avait donc pas besoin d'être sorcière pour connaître les manœuvres amoureuses du cinquième clerc de maître Isidore-Adalbert Souëf. Tant que duraient les récréations de la pension Géran, Léon se promenait sur sa terrasse. Il faisait, le pauvre garçon, tout ce qu'il pouvait pour reluire, bien qu'il ne fût pas or, au dire de la devise. Il avait acheté une magnifique robe de chambre en velours noir, semée de besans rouges, qui se voyaient de loin; il avait une pipe turque; il avait une longue-vue, un divan de cotonnade rouge, enfin ce qui paraît.

Et il mimait là-haut la passion de son mieux.

Il aimait bien véritablement Césarine de tout son cœur et plus qu'il n'eût voulu. Il savait que Césarine était une des plus riches héritières de Paris; il savait qu'elle était noble et que son père, colonel à trente ans, avait donné sa démission lors de l'avénement de Louis-Philippe. Cela supposait de certaines opinions peu favorables à une mésalliance; mais, d'un autre côté, M. le comte de Mersanz, depuis 1830, avait épousé la fille d'un simple capitaine de l'Empire, qui s'appelait Roger tout court. C'était au moins une preuve de tolérance à l'égard des alliances bourgeoises. Ce que Léon espérait, nous ne pourrions pas le dire; mais enfin, il espérait puisqu'il s'efforçait.

Léon était le fils d'une brave dame de Chartres, qui lui faisait une pension de cent cinquante francs par mois, en attendant qu'il eût des appointements chez le notaire.