Tout cela était mort, il n'en restait plus rien.

Elle allait, avec sa petite fille dans ses bras et tenant par la main son Vital chéri, sur les terre-pleins de ce Champ de Mars où tant de fois elle avait suivi la septième demi-brigade parmi les nuages de poussière poudroyant au soleil.

C'étaient d'autres soldats qui tenaient l'École. Ils ne la connaissaient plus. Seulement, comme Vital était habillé en enfant de troupe, les vieux lui faisaient signe de la tête en disant:

—Salut, la petite mère.

Quelques-uns lui demandaient si son homme était mort. Sa tristesse profonde parlait de veuvage mieux qu'une robe de deuil.

Un soir qu'elle était seule avec ses deux enfants dans sa chambrette, on frappa à sa porte.—Cela n'arrivait pas souvent.

Vital dormait dans son berceau; la petite Béatrice pendait au sein.

Marguerite ouvrit; ce fut Garnier qui entra. Il avait le costume de sergent-major.

Il y a des choses honteuses et hideuses qu'on ne peut point raconter en détail. Garnier trouva Marguerite plus belle dans ses larmes. Il parla d'amour, ou plutôt il proposa un marché infâme. Il dit à Marguerite:

—Si vous voulez, Roger vous rappellera près de lui, je me charge de cela.