Elles ont beau être habiles et même pis que cela, elles restent femmes. En cherchant le sommeil sur son oreiller, ce soir-là, Flavie se disait:
—Il est sincère, j'en suis sûre... Si elle mourait, il m'épouserait...
A quelques jours de là, on pouvait déjà remarquer un changement dans la personne de la jeune comtesse de Mersanz. Elle avait maigri; sa jolie pâleur se plombait. Un cercle sombre se creusait sous ses yeux.
Son mari la surprit plusieurs fois à pleurer. Elle ne voulut point lui dire la cause de ses larmes.
Une nuit, il crut entendre parler dans la chambre de sa femme. Il vint. La comtesse avait un spasme. Une expression de terreur profonde était sur son visage.
A toutes les questions affectueuses et empressées de son mari, elle refusa obstinément de répondre.
Les nuits suivantes, le comte était absent.
Il n'entendit plus jamais cette voix qui l'avait effrayé.
La jeune comtesse avait une femme de chambre nommée Thérèse, qui prit, à dater de cette époque, un caractère taciturne et sombre. Elle avait toujours été fort gaie avant cela. On ne l'avait jamais entendue parler d'économie. Elle mit de l'argent à la caisse d'épargne.
Le médecin de M. de Mersanz lui déclara que sa femme se mourait d'une maladie de langueur. Il conseilla la distraction, les eaux, les bains de mer.