La comtesse ne voulut point quitter Paris.
Le comte Achille avait bon cœur. Il aimait tendrement la mère de sa fille, mais la vie d'intérieur lui pesait. Il y a des gens comme cela.
Pour guérir la tristesse que lui causait la maladie de sa femme, le comte Achille allait un peu plus souvent chez la marquise de Sainte-Croix.
Si vous saviez comme celle-ci prenait intérêt à la santé de cette pauvre petite comtesse. Mourir comme cela, toute jeune et si heureuse! Il fallait s'ingénier, il fallait consulter d'autres médecins...
Que sais-je?... Enfin on ne laisse pas mourir comme cela une jeune femme!...
Il y avait dans la maison occupée par les de Mersanz, au no 34 de la rue de Grenelle, une concierge qui ne ressemblait guère à ses pareilles. Elle était propre jusqu'à la minutie, complaisante, vigilante et discrète.
Nous avons hésité longtemps avant d'écrire ce dernier mot, craignant de perdre en une seule fois toute la confiance que le lecteur peut avoir en nous. Mais l'audacieux Boileau Despréaux, ami des roides antithèses, a dit: «Le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable.» Nous soutenons, mordieu, que la portière dont nous parlons était discrète.—C'était Marguerite Vital, qui avait maintenant un grand fils de vingt-deux ans.
Elle aimait madame la comtesse de Mersanz, parce que, dans une maladie que son fils avait faite, la comtesse, gracieuse et charitable, n'avait cessé de prodiguer à Marguerite les mille petites douceurs qui consolent et amusent la souffrance.
Il s'était passé bien des années depuis le temps où Marguerite Vital courait les bivacs d'Allemagne sous le gentil sobriquet de la Perlette, bien du temps aussi depuis l'époque funeste où la marquise de Sainte-Croix et son complice Garnier avaient apporté la désolation dans la maison du malheureux Rodelet; mais Marguerite avait peu changé: c'était toujours la même nature vaillante et originale.
Pour justifier cette dernière épithète, nous fournirons un exemple.