Le fils de Marguerite était sergent, et sur le point de passer officier. Pendant sa maladie, Marguerite n'avait point voulu qu'il restât à l'hôpital, mais elle n'avait pas voulu non plus le mettre dans sa loge. Elle n'avait pas honte pour elle-même de son état, exercé si honnêtement, mais pour son fils, c'était différent. Son fils allait porter l'épaulette; sa place n'était pas dans la loge. Marguerite avait loué une chambre, ou plutôt madame de Mersanz, qui était la bonté même, avait feint de lui affermer une chambre. Le jeune sergent était là, soigné et choyé par tous les domestiques de l'hôtel.

Marguerite avait ouvert son cœur à la comtesse, qui savait son histoire et ne croyait point déroger en se faisant la confidente de sa concierge. Marguerite lui avait dit:

—Mon fils n'avancerait pas sous les drapeaux, si on savait l'état de sa mère.

Elle avait suivi l'armée; elle connaissait ces choses mieux que nous.

Et son ambition était si ardente—pour son fils.

Marguerite Vital se serait mise au feu pour madame la comtesse de Mersanz.

Le sergent était rétabli et parti.

—Tous les jours, plutôt dix fois qu'une, depuis que la comtesse était malade, Marguerite montait. Le plus souvent, la comtesse la faisait entrer dans sa chambre.

Elle lui parlait de sa mort prochaine.

Évidemment, quelque accident qui était un mystère pour tout le monde avait frappé l'imagination de la jeune femme.