—En sorte que, reprit-il sans transition, pendant que ses yeux hardis et rieurs se fixaient sur le jeune lieutenant,—nous faisons comme ça la cour à une comtesse?

Vital tressaillit violemment et fut sur le point de laisser tomber son verre.

—On dit ça, reprit Jean Lagard, qui le considérait toujours;—moi, je n'en sais pas plus long, vous sentez bien.

—Qui est-ce qui dit cela? demanda le lieutenant.

—Les uns... les autres..., répondit Lagard... Tenez, s'interrompit-il,—ce gros bonhomme que vous venez de voir vous connaît... Il y a ici un autre personnage dont nous parlerons tout à l'heure plus amplement. Le vieux Barbedor savait par moi que vous alliez venir... Il savait par d'autres que par moi ce que votre mère voudrait cacher à tous... Quand il a prononcé votre nom devant le personnage en question, j'ai entendu celui-ci qui s'écriait: «Ah! ah! l'amant de la comtesse de Mersanz!»

—Mais c'est une abominable calomnie! s'écria Vital.

—Ta ta ta! fit Lagard;—quant à ce qui est de moi, je n'en ai pas eu la chair de poule... Un joli garçon et une jolie femme, c'est fait pour s'entendre de toute éternité... Vous ne mangez plus, cousin?

—Non, répondit Vital;—je veux savoir le nom de l'homme qui a dit cela.

—Garnier de Clérambault, mon cousin... Et, si vous voulez que je lui casse quelque chose de votre part, ça va!

—Garnier de Clérambault! répéta le lieutenant, qui interrogeait vainement ses souvenirs.