Pendant qu'il réfléchissait, Lagard poursuivit:
—Avez-vous entendu parler jamais de madame la marquise de Sainte-Croix?
—Je la connais, repartit vivement Vital,—et je me souviens d'avoir vu chez elle ce Garnier de Clérambault.
—Vous allez donc chez cette marquise de Sainte-Croix?
—C'est elle qui m'a présenté à madame la comtesse de Mersanz.
A son tour, Lagard se prit à réfléchir. Il y alla de bon cœur et prit sa bonne grosse tête à deux mains pour n'avoir point de distraction.
—Au diable! s'écria-t-il au bout de quelques secondes,—tout ça n'est pas mon affaire. Je n'y vois goutte, là dedans; ça regarde ma marraine... Si elle voulait me dire tout ce qu'elle complote, quoi! je finirais peut-être par comprendre... mais un mot par-ci, un mot par-là, ça ne me suffit pas... Tel que vous me voyez, je lui donnerais mes deux bras et ma tête, à vot' maman, mon cousin... Eh bien, je dis qu'elle devrait avoir plus de confiance en moi!...
Vital gardait le silence. Un nom, prononcé par Jean Lagard, le fit tressaillir pour la seconde fois.
Jean Lagard avait dit, suivant le cours de sa vagabonde méditation:
—Ce n'est pas pour le roi de Prusse qu'elle va voir tous les jours cette Maxence et la petite demoiselle Césarine.