Le hasard grâce auquel ce livre n'est point le pur et simple récit d'une cause célèbre, était né dans la maison même de madame la baronne du Tresnoy.
Quelques pages encore, et nous verrons pourquoi le jury ne s'était point mêlé des affaires de madame la marquise de Sainte-Croix.
Madame la vicomtesse de Grévy était riche, de bonne maison, spirituelle et jolie. Mais il y avait déjà un peu de temps que sa beauté durait. L'inconduite de son mari lui avait offert cette sorte d'émancipation, tolérée dans le monde, mais qu'on n'accepte jamais sans péril.
Elle avait eu le tort d'accepter.
Il n'était point dans sa nature décidée et brave de s'affadir dans le rôle de victime.
Elle était veuve, sauf le deuil qu'elle n'avait point porté. Cela n'allait pas plus loin. La médisance ne trouvait rien à mordre dans sa conduite.
Elle était veuve, voilà tout. M. le vicomte de Grévy la traitait fort bien et n'était pas sans éprouver un certain plaisir à lui serrer la main de temps en temps.
Il se souvenait avec reconnaissance de leur lune de miel, charmante, tendre, délicate, qui s'était couchée un beau soir sans nuages, sans explication.
D'ordinaire, les lunes de miel se débattent péniblement à l'heure de l'éclipse.
Personne n'aurait su dire si madame de Grévy avait aimé d'amour ce beau vicomte aux favoris épais, aux moustaches splendidement fournies.