Dans le jardin de l'hôtel de Mersanz, le silence le plus complet régnait. A l'intérieur, on achevait les préparatifs de la fête de ce soir. M. Baptiste était dans son beau. C'est à ces heures solennelles qu'on juge un général en chef.

M. Baptiste était calme et hautain. Il donnait ses ordres du bout des lèvres. Parfois, quand mademoiselle Jenny et lui se croisaient dans les corridors, un sourire plein de malicieuse finesse était échangé.

Évidemment, ces deux bonnes âmes comptaient bien se divertir, ce soir.

—Ça marche! dit mademoiselle Jenny après sa dernière expédition dans la chambre à coucher de Béatrice.

—Ça marche, répondit M. Baptiste,—je viens d'entrouvrir une lettre adressée à monsieur. Elle est du maréchal et j'y ai lu cette phrase: «Songez à régulariser votre position...»

Le bon capitaine Roger dormait sous les charmilles.

Barbedor regagnait ses domaines, après avoir poussé aussi loin que possible le scandale du jardin. Niquet et Palaproie effrayaient les passants sur l'esplanade par les moulinets insensés de leurs cannes et leurs clameurs patriotiques.

Les bonnes gens du quartier disaient:

—Si on peut mettre des vieux dans des états pareils... C'est pourtant chez le comte de Mersanz qu'ils vont faire leurs farces...

Mais c'est à l'hôtel du Tresnoy que notre drame se continue.