»Restait une suprême épreuve.

»Un jour, madame la marquise de Sainte-Croix descendit de son brillant équipage à la porte du no 37. Elle était accompagnée par deux dames de la famille du prince de ***. La réconciliation avait eu lieu. Les collatéraux du prince ne juraient plus que par madame la marquise de Sainte-Croix.

»M. du Tresnoy était le quatrième dans la voiture.

»Sa confusion dut être grande, s'il avait espéré beaucoup de cette espèce de confrontation. Le résultat en fut si frappant, que M. du Tresnoy faillit être converti à l'idée que la belle marquise était une victime de la calomnie.

»On visita l'appartement de madame Octave Merriaux. Les voisins et voisines ne se firent pas faute de regarder. La concierge était présente. Certes, on ne garrotte pas tant de langues à la fois. Pas un mot ne fut prononcé qui pût faire croire qu'il existât seulement une ressemblance fortuite entre madame la marquise de Sainte-Croix et madame Octave Merriaux.

»Bien plus: ce pauvre diable de Fromenteau, qui était là, perdit tout à coup son ancienne assurance à la vue de la belle marquise. M. du Tresnoy remarqua qu'il changea plusieurs fois de couleur. Cela finit par un aveu explicite et complet: Fromenteau s'était trompé. Ce n'était pas madame de Sainte-Croix qui montait en voiture, vis-à-vis de chez lui, petite rue du Bac.

»La visite de madame la marquise avait un prétexte de bienfaisance. Comme elle regagnait son équipage, escortée par les bénédictions d'une pauvre famille largement secourue, M. du Tresnoy, qui la suivait, crut remarquer un léger tressaillement.

»Il ne pouvait voir son visage, caché par la passe de son chapeau, mais il jeta vivement son regard à la ronde.

»Sur le pas de la porte voisine, Marguerite, la concierge du no 37 bis, se tenait debout, portant dans ses bras la petite fille de madame Seveste.

»Elle regardait fixement la marquise, qui tourna la tête.