»Le soir même, M. du Tresnoy offrit sa démission. Le roi ne voulut pas l'accepter.

»Je ne savais rien en ce temps. M. du Tresnoy ne m'avait rien dit. J'avais pu deviner seulement qu'une grande préoccupation tenait mon mari, et je rapportais son souci à la politique.

»Ce fut le lendemain de la visite au no 37 que M. du Tresnoy me parla pour la première fois de cette mystérieuse affaire.

»J'avais dix-sept ans de moins qu'aujourd'hui, et cependant l'idée me vint que nous courions tous un grand danger. Je suppliai mon mari de s'arrêter. J'invoquai les pauvres petits berceaux de mes filles.

»Mon mari ne me promit rien. Il me dit:

»—Je serai prudent, mais j'agirai selon ma conscience.

»Il a été prudent, sachez cela, très-prudent,—et il est mort!...

Madame du Tresnoy s'arrêta, et sa tête lourde tomba sur sa main.

Son coude s'appuyait au rebord du grand bureau d'ébène.

—J'ai peut-être manqué d'intelligence, dit la vicomtesse après un silence;—mais tout cela, chère madame, me laisse une impression si vague, que mon esprit n'en peut rien dégager... Vous accusez madame de Sainte-Croix d'avoir soustrait l'enfant de cette jeune femme, madame Seveste... Que fit-elle de cet enfant?