Bien que Maxence eût à peine seize ans.

Tant que le premier pli n'a pas rayé ces fronts gracieux et un peu vides, tant que le premier poil blanc n'a pas déshonoré ces crânes de don Juan bourgeois, ces crânes français par excellence, appartenant aux éternels jeunes premiers de ce pauvre vaudeville qui est la vie réelle, ils sont jeunes, tout jeunes.

Je vais vous dire pourquoi: c'est que la vraie jeunesse seule peut réussir.

Je vous défie de me spécifier l'âge d'un colonel de M. Scribe!

On en fit des confitures alors qu'ils avaient vingt ans: ils sont en bocaux depuis cette époque.

Et toujours jeunes, sempiternellement jeunes, si le bocal fut bien bouché et la conserve bien faite.

A Dieu ne plaise que ceci soit une critique amère à l'endroit de cet esprit éminent et charmant qui nous combla de tant de précieuses comédies! Ce serait un éloge plutôt. M. Scribe a pris cet amoureux de carton sur le fait. Il l'a saisi, croqué d'après nature. Et toute une génération s'est pâmée, applaudissant ce mannequin de coiffeur si joli, si pommadé, si musqué, à qui ne manque pas même la parole!

Mais M. Scribe riait dans sa barbe, soyez-en convaincus. Ce bébé de colonel qui lui a produit des millions égaye maintenant son âge mûr.

Les poupées à ressort, ne vous y trompez pas, sont encore de la sculpture.

Et, d'ailleurs, chaque époque a comme cela son magot. Croyez que nos neveux feront d'innombrables gorges chaudes au sujet de ce jeune peintre-artiste qui traîne depuis dix ans dans tous nos vaudevilles son chevalet pour rire et sa palette, si chère à mesdames les modistes.