Son tuteur fut le maréchal duc de ***, vieillard chevaleresque, ami partial des anciennes coutumes, esprit obstiné, caractère tout d'une pièce. Il voulut refondre violemment cette éducation inepte. Il essaya de la sévérité sans ménagements et sans transition.
Achille était faible. Il étudia. Il acquit l'enveloppe complète d'un homme distingué.
Sous cette enveloppe factice, la lâche pulpe du fruit attaqué restait telle quelle.
L'enfant gâté n'aurait pu être guéri que par le cœur.
Il avait du cœur;—mais quelque chose étouffait, opprimait son cœur.
Ce quelque chose, c'est la maladie même de l'enfant gâté,—cette sorte de ver solitaire que la faiblesse des parents développe avec une si criminelle extravagance:—le moi, l'amour-propre, l'égoïsme.
Chose complexe comme tout ce qui est, chose qui peut servir et nuire: un peu de bien, beaucoup de mal.
L'amour-propre enveloppa le jeune Achille de cette atmosphère brillante qu'il garda toujours autour de lui. L'égoïsme neutralisa tous ses bons instincts et fit des deuils sur son passage.
La faiblesse et l'inconstance sont deux modes de l'égoïsme, puisque le dévouement guérirait ces deux plaies.
Le comte Achille eut toutes les qualités que l'éducation peut donner à une nature primitivement heureuse.