Mais il voyait le portrait,—et sa détresse lui faisait trouver je ne sais quelle douloureuse ressemblance entre sa femme morte et celle-ci qui avait déjà parlé de mourir.

Elles avaient le même âge... A toutes deux, il avait promis devant Dieu un amour qui devait durer autant que la vie.

Il se souvenait bien: quand il se retrouva en face de sa première femme, étendue sur le lit mortuaire, il interrogea son cœur; il y reconnut l'amour vivant. Il aimait cette morte...

Et son être entier s'était déchiré quand une voix vengeresse avait murmuré à son oreille: «C'est vous qui l'avez tuée.»

Cette voix n'était point celle de sa conscience bourrelée; cette voix appartenait à une pauvre créature, tout humble et toute faible, qui avait nom Marguerite Vital: la concierge du no 81, où la comtesse de Mersanz était morte.

Le comte ne se révolta point contre ce châtiment que le ciel lui suscitait de si bas. Il pleura et il gémit en présence de la petite bonne femme.

Puis il se sauva loin, bien loin de ce deuil,—et, quelques mois après, il suivait en souriant les pas de Béatrice.

Hélas! et voilà que Béatrice aussi se penchait, frappée au cœur!...

Il est des choses qu'on hésite à écrire, tant elles sont puériles et bêtes, dans toute la puissance de ce mot, qui n'a point de vrai synonyme en français. Mais il faut bien solfier cette gamme asinante des petits sentiments du vieil enfant gâté, de l'ancien jeune premier, de cet homme de cire qui devient important seulement quand il se change en torche pour allumer quelque incendie déplorable.

Inutile toujours, celui-là, par la faute de sa trop facile enfance, mais souvent nuisible.