Philomène et sa sœur échangèrent un regard. La marquise fixait sur elles son regard demi-fermé.
—Êtes-vous prêtes? demanda-t-elle.
—C’est pour faire le bien..., murmura Philomène.
—Notre chère Césarine, ajouta Mélite,—ne peut décemment habiter sous le même toit que cette créature.
—Êtes-vous prêtes? répéta la marquise.
Mélite prononça un oui franc et brave. Philomène avait la douce et vaillante résignation d’un martyr qui marche au combat.
Nous allons bien voir maintenant pourquoi madame de Sainte-Croix avait introduit à l’hôtel de Mersanz ces deux discrètes personnes. Leur véritable rôle commence. Il est modeste, mais véritablement utile.—C’est un simple soldat qui, d’ordinaire, met le feu à la mèche chargée de faire sauter un bastion.
La mèche, ici, c’était, paraîtrait-il, cette belle petite demoiselle Césarine.
—Assez dansé, mon cher ange, lui dit mademoiselle Mélite en la saisissant au passage;—nous n’avons plus aucuns droits sur vous...
—Sauf les droits du cœur..., intercala Philomène.